FINANCEMENT 13 mai 2020

Une étude rappelle le rôle central des ASBL dans notre société

Alors que de nombreuses ASBL craignent pour leur survie après la crise du COVID-19, la Fondation Roi Baudouin sort ce mercredi une nouvelle étude sur le poids économique de l’associatif en Belgique. Un secteur qui emploie près de 500.000 salariés. L’occasion idéale de rappeler une nouvelle fois l’importance de le préserver !

L’étude de la Fondation Roi Baudouin, publiée ce mercredi, tombe à point nommé pour rappeler le rôle central que joue le secteur associatif dans notre société. Et la nécessité de le préserver, même (et surtout) en période de crise. « Le rôle important joué par ce secteur dans l’élaboration de réponses aux défis sociétaux et de renforcement de la démocratie existe depuis toujours. Son poids économique est également considérable », introduit la Fondation Roi Baudouin.

Une dimension qui semble avoir été par moment oubliée… En effet, depuis le début de la pandémie COVID-19 de nombreux acteurs associatifs dénoncent un manque de réponses fortes – au niveau culturel ou encore des ASBL non agréées, par exemple – et des politiques qui favorisent le secteur marchand.

Lire aussi : Les ASBL survivront-elles à la crise sanitaire ?

Des ASBL actives dans tous les secteurs de la société

En collaboration avec la Banque nationale de Belgique (BNB), la Fondation Roi Baudouin a donc analysé le poids économique des ISBL (institutions sans but lucratif) – voire définition plus bas - sur la période de 2009 à 2017. Premier constat : les ISBL sont présentes dans toutes les sphères de la société. Elles sont particulièrement actives dans les secteurs suivants :

  • Autres activités de services (36,5%) : associations de jeunesse, associations et mouvements pour adultes, associations pour la prévention de la santé, partis politiques, syndicats…
  • Action (médico)-sociale (23,1%) : maisons de repos, foyers d’accueil…
  • Arts, spectacles et activités récréatives (19,9%)

L’associatif créé de l’emploi

Autre résultat frappant : les ISBL représentent 12,6% de l’emploi salarié total en Belgique. Soit 497.400 salariés.

De 2009 à 2017, les associations ont créé 81.700 emplois nets supplémentaires, soit une hausse de 19,7% contre 4,1% dans le reste de l’économie. Une dynamique qui n’a jamais flanché, même lorsque le reste de l’économie subissait des pertes nettes d’emplois, comme cela a été le cas en 2013.

Au total, en 2017, les ISBL ont généré 5,4% du PIB.

La santé et l’action médico-sociale : un secteur phare

Parmi les secteurs qui embauchent le plus, on retrouve ceux de la santé et de l’action (médico-) sociale. Avec respectivement, 157.000 et 194.000 salariés occupés en 2017. Ces deux branches d’activités réunies totalisent ainsi 70,5% de l’emploi salarié global des ISBL.

Des rémunérations plus faibles

Par ailleurs, l’étude montre que les ISBL génèrent moins d’heures de travail par emploi. De plus, les salaires sont généralement plus faibles. Pour expliquer cela, deux pistes sont présentées :

  • Les ISBL n’ont pas les ressources pour offrir des salaires plus élevés ;
  • Les ISBL sont actives dans des branches où les salaires sont plus faibles, et ce quelle que soit la nature de l’organisation. 

Enfin, ceci est également dû au fait que le travail à temps partiel, majoritairement féminin, est plus répandu dans les ISBL.

Attention toutefois, cette étude ne prend en compte que les contrats salariés à temps plein ou temps partiel, donc cela ne reflète pas la réalité dans son ensemble, précise l’étude.

Les sources de financement

En ce qui concerne le financement de ces structures, les ressources proviennent généralement de la production marchande et des transferts courants (dons, subventions...).

L’étude montre alors que des variantes existent en fonction des secteurs. Si la santé (61,7%) et l’action (médico) -sociale (29,3%) ont davantage recours au financement public, du côté de l’Agriculture et des services les ressources se trouvent auprès des entreprises (fondations, par exemple). Enfin, la contribution des ménages est plus importante dans les secteurs Arts, spectacles et activités créatives et l’enseignement.

À Bruxelles, plus d’ISBL qu’ailleurs

La Région de Bruxelles-Capitale compte un nombre relativement plus élevé d’ISBL, mais la taille de ces dernières y est, en moyenne, plus réduite (en termes de nombre d’emplois).

À l’inverse, en Région flamande, les ISBL sont de plus grande taille avec une contribution à l’emploi procuré par les ISBL dans l’ensemble du pays de 59,2 %.

La Région wallonne compte pour 26,6 % de l’emploi total dans les ISBL.

ISBL, de quoi parle-t-on ?

Cette étude couvre 19.000 ISBL (institutions sans but lucratif) qui emploient des travailleurs salariés et/ou déposent des comptes annuels auprès de la Centrale des bilans de la BNB. On y retrouve des associations, fondations, unions professionnelles, temporels du culte, syndicats, partis politiques…

Les services publics, les entreprises d’économie sociale et les établissements scolaires du réseau libre subventionné, l’activité bénévole des volontaires actifs dans les institutions, ne sont pas inclus dans cette étude.