Comment réussir la veille digitale de votre ASBL ? Voici nos conseils

Comment obtenir les articles et données qui seront utiles à votre association ? Comment définir vos objectifs ? Comment rester informé en temps réel ? Comment cibler les sujets pertinents à surveiller ? Magaly Nelli, experte en communication digitale, vous livre ses conseils sur les pratiques et outils existants.

« La veille numérique doit s’accorder au pluriel », nous précise d’entrée de jeu Magaly Nelli, fondatrice de Cygnum, une agence de marketing et de stratégie digitale. « Il existe plusieurs veilles : la veille concurrentielle, juridique, scientifique, technologique, stratégique, etc. La veille digitale, quel que soit son angle de veille, repose sur l’utilisation d’outils numériques pour réaliser une veille efficace »

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Les avantages

La veille présente de nombreux avantages : être informé efficacement sur tout ce qui se dit et s’écrit sur votre association (surveiller votre e-réputation) ou être tenu au courant de l’actualité de votre secteur ainsi que de la vision, des enjeux et des projets de vos partenaires. « Au-delà de ces possibilités, la veille permet de détecter des opportunités et de se montrer réactif : les informations dont vous avez régulièrement besoin (par exemple, octroi de nouveaux subsides, lancement d’un appel à projets, changements législatifs impactant votre ASBL). La veille permettra dans ce dernier cas de mieux en prévenir les conséquences », précise Magaly Nelli.

Les critères essentiels

« Trois critères sont essentiels pour réussir votre veille », comme l’explique notre spécialiste: « Premièrement, c’est primordial de cibler sa veille en définissant ce qu’on veut surveiller. Deuxièmement, tout aussi important, il faut choisir des informations pertinentes, ce qui pose la question des sources : sur quelles plateformes et quels canaux vais-je aller chercher des données utiles pour mon ASBL ? Et troisièmement, l’enjeu sera d’automatiser, de sélectionner sur les différents outils choisis les options qui vous permettront d’affiner les recherches qui produiront des résultats de manière automatique. »

Lire aussi : Les ASBL face au défi numérique

Les 3 étapes clés

Trois étapes sont nécessaires pour réussir votre veille :

  • Définir ses besoins : une veille pourquoi, pour qui et pour quoi faire ? Quels sont les secteurs à surveiller ? Sur quels opérateurs (associations, institutions, organismes, compétence ministérielle, etc.) souhaitez-vous être informé ? Quels émetteurs d’informations voulez-vous suivre ?
  • Bien délimiter son périmètre de veille. Sur quels canaux faire de la veille (les sites d’informations de la presse, les réseaux sociaux, les forums, les sites officiels, les sites gouvernementaux) ?
  • Sélectionner les outils de veille. « Je vous propose quatre outils de veille faciles d’utilisation, disponible en version gratuite et efficaces. On va les tester ensemble », poursuit Magaly Nelli.  

Google Alerts

Google Alerts vous permet de recevoir des notifications sur les sujets de votre choix. Concrètement comment ça marche ? Cliquez sur le lien suivant.

Dans la barre de navigation, tapez le ou les mots clé.s en lien avec votre sujet. Imaginons que vous souhaitez recevoir une alerte dès que le nom de votre association est cité dans Google, vous écrirez alors : « le nom de votre asbl ». Autre exemple : vous voulez être informé au sujet d’une thématique en particulier comme l’« aide alimentaire », le « sans-abrisme », « les aides Covid » ou « la réforme APE ». L’utilisation des guillemets permet de rechercher l’expression complète.

Pour savoir comment rédiger au mieux vos mots clés, voici un lien qui reprend les 27 opérateurs Google pour affiner vos recherches.

Revenons à Google Alerts. Une fois que vous avez choisi votre mot clé, vous introduisez l’adresse mail sur laquelle vous souhaitez recevoir vos notifications (il peut s’agir d’une boite mail secondaire si vous ne voulez pas recevoir les alertes sur votre boite professionnelle) et vous cliquez sur « option ». Vous pouvez désormais choisir à quelle fréquence vous souhaitez recevoir les notifications (une fois par semaine, une fois par jour ou quand le cas se présente), de quelles sources (actualités ou tout le web), en quelle.s langue.s, en provenance de quelle.s région.s (uniquement de Belgique ou des pays francophones). Vous pouvez aussi choisir « tous les résultats » ou « seulement les meilleurs résultats ». Dans un premier temps, il faut tester votre alerte. A l’usage, vous pouvez ratisser plus large ou au contraire la restreindre.

Mention

« Mention scanne les réseaux sociaux. C’est un outil complémentaire à Google Alerts qui, lui, n’analyse que le web, précise Magaly Nelli. Cette plateforme réalise un monitoring de marques et d’organisations. Une offre limitée (14 jours) est gratuite et vous permet de scanner 3 comptes (Facebook, LinkedIn et Twitter, par exemple) ». Pour tester, c’est par ici.

Netvibes

« Netvibes, c’est un mix des deux premiers outils (web et réseaux sociaux). Il s’agit d’un tableau de bord qu’on peut complètement personnaliser. Il regroupe plusieurs systèmes de scan et d’alertes. On peut y faire des choses très simples mais on peut aussi y faire de la veille sur-mesure. » Rendez-vous sur ce lien. Il existe une version gratuite qui nécessite une inscription. Ensuite, vous cliquez sur « Dashboard » en haut à droite et puis sur « Nouveau ». Vous tapez le sujet qui vous intéresse et vous choisissez la langue. Et vous cliquez sur « Créer le dashboard ».

Vous êtes à présent sur votre tableau de bord. Plusieurs fenêtres s’affichent : les recherches dans l’actualité, celles dans les vidéos ou encore sur Twitter. Dans chacune des fenêtres, vous pouvez paramétrer vos options pour affiner vos recherches (vous pouvez même choisir un tri sur base du vote des utilisateurs). Spécificité : les coordonnées géographiques permettent de paramétrer les recherches de façon très locale (ex : 20 km autour de votre localisation).

« Netvibes permet aussi de cibler un site en particulier en utilisant l’URL. C’est intéressant pour les sites vraiment vastes qui contiennent beaucoup d’informations. L’avantage c’est que tout est centralisé dans un tableau de bord ».

Flux RSS  

« On peut aborder un quatrième outil, enchaîne Magaly Nelli, à savoir les flux RSS. Ils existent depuis qu’Internet existe. C’est intéressant quand, par exemple, on veut recevoir des informations émanant d’un site ou deux. Prenons l’exemple du site Le Soir. Tout en bas de la page d’accueil, dans « Les Services », vous cliquez sur RSS et vous arrivez sur cette page. La liste des flux RSS reprend toutes les catégories et vous pouvez choisir celle qui vous intéresse. Pour vous faciliter la vie, il vous faut un agrégateur RSS comme Feedly qui permet de s’abonner à des flux RSS. Feedly est gratuit jusqu’à 100 sources. Il permet de faire le lien entre les flux RSS qui vous intéressent, (le flux politique ou le flux société du journal Le Soir) et votre boite mail où vous allez être prévenu.e des nouveaux articles. Ça ne remplace pas l’abonnement payant au média dont il est question bien évidemment mais vous recevrez une notification avec le résumé du contenu en lien avec ce qui vous intéresse ».

Check list - Quelques conseils avant de vous lancer :

  • Définissez le temps que vous voulez consacrer à la veille ;
  • Désignez qui (au sein de votre équipe) sera en charge de la veille ;
  • Etablissez avec qui et comment vous allez partager les informations obtenues ;
  • Et enfin, n’oubliez pas que la veille n’est pas figée dans le temps, elle nécessite des ajustements en fonction de l’évolution de votre activité et de vos besoins.
  • Si jusqu’à présent votre expérience de veille n’a pas été concluante, n’en déduisez pas que vous n’en avez pas besoin. Il faut vérifier que les étapes 1 et 2 ont bien été réalisées : est-ce que le ciblage est pertinent ? Est-ce que les recherches sont réalisées sur les bons canaux ?

A votre bonne veille !

Lina Fiandaca