Ne pas perdre de temps: "le risque c’est que le projet s’étiole et qu’on s’épuise"

Que se passe-t-il entre le moment où les parents ont l’idée de créer une ASBL pour soutenir leur enfant et le passage à l’action ? La plupart des ASBL que nous avons interrogées ont pris le parti de foncer. En quelques mois, le projet était en route.

 « Après le décès de notre fils, il nous a semblé opportun de parler de ce qu’on avait vécu. Il nous avait laissé une longue lettre de 14 pages, donc on ne pouvait pas garder ça juste pour nous ». Victime de harcèlement scolaire depuis des années, le fils de Marc van Aerschot s’est suicidé à l’âge de 17 ans.

Un besoin identifié

Un an après le drame, « on a décidé de faire une conférence car j’entendais beaucoup de témoignages de gens qui étaient harcelés et qui ne se sentaient pas écoutés, ou alors on essayait de faire quelque chose mais ça n’apportait aucune solution. C’était un peu ce que Tom avait vécu toute son enfance », raconte le papa. Après cette conférence, des parents se sont tournés vers Marc van Aerschot : « Beaucoup sont venus me dire que leurs enfants se faisaient harceler et on m’a demandé pourquoi je ne faisais pas une ASBL ». Et de continuer : « Je n’avais pas le temps pas la force. Puis, au fur et à mesure je me suis rendu compte que c’est ce que Tom aurait souhaité et nous aussi on ne veut pas que ça arrive à d’autres enfants ».

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Comme l’ASBL Les Mots de Tom, l’association Parents d’Enfants Victimes de la Route (PEVR) est née d’un constat : il faut éviter que d’autres ne vivent le même drame. « Il y a un quart de siècle que des parents se sont dit on doit se soutenir et on doit faire quelque chose pour sensibiliser les pouvoirs publics », raconte Bertrand Jardon, président de PEVR qui a rejoint l’ASBL après la perte de son fils dans un accident de voiture en 2010.

Des parents d’enfants atteints d’une maladie ou porteurs de handicap ont également été confrontés à de nouveaux obstacles. Ils ont alors décidé de créer une association pour répondre aux besoins de leur enfant et de ceux qui vivent la même situation. L’ASBL On souffle dans ton dos a vu le jour avant même que la petite Lisette n’ait été diagnostiquée. « Je voyais qu’elle avait des troubles de développement et qu’elle avait besoin d’aide », raconte Christine Dufour. « Je suis ergothérapeute et j’étais convaincue que le fait qu’elle puisse aller à l’école était primordial. » Elle décide alors de chercher une personne pour accompagner bénévolement sa fille et soutenir l’institutrice.

« Au mois de juin, l’école était finie et là je me suis dit : j’ai touché quelque chose de très beau. » Parallèlement, Christine Dufour se rendait déjà sur des groupes Facebook de parents avec des enfants porteurs de handicaps. « J’avais donc vraiment conscience de ce même désir pour d’autres familles et de la difficulté d’avoir de l’aide au sein des écoles ordinaires pour nos enfants différents. »

Pour Béatrice Meurant, présidente de La Lune pour Rêver, foyer de vie pour jeunes adultes ayant une déficience intellectuelle légère, pour lancer une ASBL comme la sienne « il faut réunir un groupe de réflexion qui sont du secteur pour ne pas faire fausse route ».

Ne pas perdre de temps

S’il est nécessaire de bien fixer le cadre du projet, « il ne faut pas prendre trop de temps non plus, conseille Béatrice Meurant. Le risque c’est que le projet s’étiole et qu’on s’épuise. Je connais des groupes de parents qui se retrouvent et cheminent comme ça depuis 10 ans. Mais au bout d’un moment, certains se fatiguent, trouvent une autre solution et quittent le groupe. »

Début juillet 2016, Christine Dufour décidait de créer une association et seulement un mois plus tard l’ASBL On souffle dans ton dos voyait le jour. « À la rentrée 2016, on accompagnait déjà 5 enfants », se remémore-t-elle.

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