ASBL et levée de fonds : nos conseils pour réussir

Entre calendriers décalés et campagnes de financement reportées, le coronavirus mène la vie dure aux ASBL. Si en temps normal, la levée de fonds apparaît déjà comme un processus difficile, la période semble tout compliquer. Mais avec une bonne préparation et quelques conseils, cette opération délicate est loin d’être insurmontable !

Lancer une campagne, trouver les bons investisseurs puis les convaincre... Les étapes d’une levée de fonds impressionnent. L’opération requière en effet une bonne préparation, de la rigueur et une bonne communication. MonASBL.be vous donne donc ses conseils pour réussir sa levée de fonds avec brio ! 

Love money, business angels et private equity  

Lever des fonds auprès d’acteurs extérieurs peut constituer une source importante de financement. Mais en tant qu’ASBL, impossible de miser sur le profit. Les investisseurs capitalisent donc sur des valeurs. Si la levée des fonds compte trois cercles pour une entreprise classique, seuls les deux premiers sont véritablement pertinents pour une ASBL : 

  • Au sein du premier cercle, on trouve la famille et les amis. La récolte de fonds débute toujours par l’entourage proche, d’où l’appellation de love money.  
  • Le deuxième cercle rassemble les investisseurs extérieurs. Convaincus par le bien-fondé de l’initiative, les business angels agissent comme des parrains et donnent généralement entre 5000 et 500 000 euros.  
  • Enfin, le troisième cercle représente les fonds d’investissements (ou private equity). Organismes spécialisés, ils investissent de grandes sommes d’argent dans le but de les rentabiliser. Ils ne concernent donc pas vraiment le milieu associatif. 

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Levée de fonds : les étapes du calendrier 

La levée de fonds auprès de business angels se découpe en plusieurs étapes : 

  • La liste des contacts. Chaque campagne débute par une longue recherche d’investisseurs potentiels. Cette étape est importante : au-delà d’une source d’argent, les business angels sont des associés. Ils doivent partager les mêmes valeurs et apporter une expertise. Pour se diriger vers les bonnes personnes, il est donc important de s’attarder sur leur philosophie d’investissement et les initiatives qu’ils soutiennent.  
  • Le contact des investisseurs par présentation écrite. L’idéal pour avoir des retours est de les contacter avant même d’en avoir besoin. Les inviter aux évènements de l’association ou les tenir au courant des actions menées permettent d’établir une relation cordiale au préalable. Si le premier contacte passe bien, il faut alors envoyer un business model et un business plan. Ensuite, il faut convenir d’un premier entretien.  
  • La lettre d’intention. Si l’investisseur est convaincu, il donne à l’ASBL une lettre d’intention (termsheet) pour signifier qu’il souhaite s’engager.  
  • La phase d’audit. L’investisseur procède ici à un ensemble de vérifications juridiques, financières, comptables, ou humaines. 
  • La rédaction de l’accord. Après ces précautions, l’accord final est rédigé. Généralement, il comprend un protocole d’investissement, un pacte des actionnaires et une convention de garantie actif/passif.   
  • La fermeture (closing). Elle marque l’échange des ordres de mouvement et le paiement.  

L’ensemble de ces étapes prend souvent entre quatre et six mois. Avant de se lancer, il faut donc être sûr de pouvoir y consacrer du temps et de l’énergie. Pour appuyer sa présentation, il faut aussi avoir assez d’éléments tangibles (trésorerie, actions déjà réalisées...).  

Si la levée de fonds est une course de longue haleine, il faut aussi s’attarder sur le contexte économique global. Par exemple, il serait très compliqué de lancer une opération en ces temps de coronavirus. La crise financière n’est pas favorable aux nouveaux investissements, d’autant plus s’ils sont caritatifs.   

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Authenticité, confiance, lucidité 

Plusieurs conseils méritent d’être suivis pour optimiser son processus de lever de fonds.  

  • Tout d’abord, il est important de garder en tête que l’association ne peut assurer de profit aux investisseurs. Elle doit donc miser sur un capital immatériel (connaissances, valeurs...). Au lieu de mettre en avant la rentabilité, l’accent peut être mis sur les engagements pris, les actions réalisées ou une gouvernance équitable. Bien communiquer sur sa vision et sa passion est donc primordial.  
  • Pour contacter les investisseurs, il est essentiel d’envoyer un document écrit présentant l’ASBL. Pour sortir du lot, il ne faut pas hésiter à y passer du temps, à le rendre intéressant et clair. En effet, les investisseurs reçoivent beaucoup de demandes : l’originalité ne doit donc pas être négligée.  
  • S’il faut se préparer à l’oral pour convaincre des potentiels futurs associés, rien de mieux que de rester naturel. Faire preuve de lucidité tout en restant authentique permet ainsi d’établir une relation de confiance.  
  • De même, la transparence est primordiale. Il est toujours mieux de transmettre un maximum de documents comme des rapports annuels faisant état d’une bonne santé financière. Un plan d’urgence en cas de crise est aussi une bonne idée : il fait preuve de lucidité et d’anticipation.  

Si lever des fonds apparaît donc laborieux, rien n’est impossible : avec de la rigueur, de la passion et une bonne stratégie, l’opération ne peut que réussir !