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Assurances et ASBL : 7 conseils pour concilier budget serré et protection optimale

Face à la hausse des coûts et à la pression sur les financements, de nombreuses ASBL cherchent à réduire leurs dépenses. Mais lorsqu'il s'agit des assurances, les économies mal ciblées peuvent coûter très cher en cas de sinistre. Comment trouver le bon équilibre entre maîtrise du budget et couverture adaptée ? Lors d'un webinaire organisé par Sourcehub, Henri Vermeulen, responsable d'AMF – DAP Group, a partagé plusieurs pistes concrètes pour aider les ASBL à optimiser leurs assurances sans mettre leurs finances en danger.

Chercher à réduire sa facture d'assurance ne signifie pas repartir d'une feuille blanche. Pour Henri Vermeulen, certaines couvertures constituent un socle de protection qu'une ASBL ne peut pas négliger. L'expert distingue trois catégories : les assurances légalement obligatoires, celles qu'il juge vivement recommandées et celles qui doivent être évaluées en fonction des activités de l'association.

Parmi les couvertures obligatoires figurent notamment l'assurance responsabilité civile automobile pour les véhicules de l'ASBL, l'assurance accidents du travail pour les salariés ainsi que l'assurance liée aux volontaires. Certaines activités ou certains agréments peuvent également imposer des couvertures spécifiques.

Du côté des assurances vivement conseillées, Henri Vermeulen insiste particulièrement sur la responsabilité civile de l'association et sur la responsabilité civile des administrateurs. L'expert cite également la protection juridique, souvent perçue comme secondaire alors qu'elle peut permettre à une association de faire face à des frais d'avocat ou d'expertise parfois importants.

Une fois ces protections essentielles identifiées, reste une question : comment maîtriser son budget sans affaiblir sa couverture ? Voici les sept leviers mis en avant lors du webinaire.

1. Cartographiez précisément les risques de votre ASBL

Avant même de comparer les contrats ou de chercher à réduire les primes, Henri Vermeulen invite les associations à prendre le temps d'identifier leurs risques réels. « Toutes les ASBL ne présentent pas les mêmes risques. Une ASBL dans le secteur du handicap ou dans le secteur de la formation n'aura pas les mêmes risques. Il faut identifier les activités critiques, repérer les actifs importants et lister les responsabilités principales. Il est vraiment nécessaire de bien définir les activités auprès de votre assureur pour qu'il détermine le risque réel de l'ASBL. »

Selon lui, cette étape constitue la base de toute réflexion sur les assurances. Une mauvaise compréhension des risques peut conduire à des couvertures inadaptées ou à des dépenses inutiles. Notons aussi que cette cartographie est à refaire périodiquement car les activités et actifs de l'ASBL peuvent évoluer.

2. Ne sacrifiez pas les assurances essentielles pour faire des économies

Réduire son budget assurances ne signifie pas supprimer les contrats jugés « accessoires ». Certaines couvertures peuvent au contraire éviter des dépenses importantes en cas de problème.

Il explique : « Parfois, si une ASBL doit faire une coupe dans le budget, soit elle supprime des contrats, soit elle diminue fortement les garanties. Ce n'est pas toujours la bonne solution. Je pense notamment à la protection juridique. Les frais d'avocat et les frais d'expert coûtent très cher. Pour une petite ASBL qui a peu de moyens, cette assurance peut être encore plus importante que pour une grande structure. »

L'expert considère également la responsabilité civile et la responsabilité civile des administrateurs comme des protections particulièrement importantes pour la plupart des associations.

Lire aussi : Faut-il souscrire une assurance professionnelle quand on est responsable d’ASBL ?

3. Vérifiez que vous ne payez pas deux fois pour le même risque

Certaines associations continuent à assurer un même bien dans plusieurs contrats sans s'en rendre compte, comme l’explique l’expert : « Plusieurs contrats peuvent couvrir le même risque. C'est surtout le cas entre l'incendie et le tout risque électronique. Imaginons que vous avez 100.000 euros de matériel informatique. Si ce matériel est déjà couvert en tout risque électronique, il ne sert à rien de l'assurer également dans le contrat incendie. »

Pour Henri Vermeulen, un examen régulier des contrats permet souvent de dégager des économies sans diminuer le niveau de protection : « Il faut éviter les doublons. Cela ne sert à rien de payer pour une double couverture. »

4. Attention à la sous-assurance… mais aussi à la sur-assurance

Vouloir économiser en réduisant les montants assurés peut avoir des conséquences importantes. « Imaginons que votre bâtiment coûte 500.000 euros en valeur de reconstruction et qu'il n'est assuré que pour 250.000 euros. Si tout brûle, la compagnie ne paiera pas plus de 250.000 euros. Là, c'est la catastrophe. »

L'inverse existe également. « La sur-assurance ne sert à rien non plus. Vous aviez peut-être 50.000 euros de matériel fixe il y a dix ans et vous continuez à l'assurer alors que ce matériel n'existe plus : vous payez alors inutilement une prime. »

5. Investissez dans la prévention

Pour Henri Vermeulen, la prévention reste l'un des meilleurs moyens de maîtriser les coûts à long terme. « Les compagnies regardent le ratio sinistres sur primes. Pour pouvoir faire baisser une prime, c'est bien d'investir dans la prévention. Je pense à la cybersécurité, à la sensibilisation aux gestes et postures ou à la formation du personnel. »

Selon lui, les efforts réalisés par une association peuvent peser dans les discussions avec les assureurs. « Quand des moyens de prévention sont mis en place, il y a toujours moyen de négocier auprès des compagnies. Les assureurs aiment bien voir qu'il y a des efforts réalisés sur le terrain. »

6. Regardez au-delà du montant de la prime

Comparer uniquement les prix peut conduire à de mauvaises surprises. Il précise: « Il faut toujours faire attention à ce qui est couvert et ne pas regarder uniquement le prix. C'est souvent au moment du sinistre que le problème arrive. »

L'expert invite notamment à examiner attentivement les franchises, les plafonds d'indemnisation et les exclusions. « J'ai déjà vu des contrats avec des franchises de 2.500 euros, voire de 10.000 euros. Il faut bien faire attention à cela. Pour les dommages corporels, je conseille également de vérifier que les plafonds sont suffisants », ajoute-t-il.

7. Pensez à la mutualisation

Dernier levier évoqué lors du webinaire organisé par Sourcehub (nouveau service développé par l’Agence pour le Non-Marchand) : la mutualisation des risques. « Grâce aux marchés publics ou aux accords-cadres, on négocie en groupe. Quand une ASBL est seule face à la compagnie, le tarif est souvent le tarif. Quand on arrive avec une centaine d'ASBL, les compagnies sont beaucoup plus enclines à négocier. »

Cette logique permet également d'amortir l'impact d'une mauvaise sinistralité. « Le principe, c'est que tout le monde assume le risque de tout le monde. Les bonnes années de certaines ASBL compensent les mauvaises années d'autres associations. »

Trois questions à se poser chaque année

En conclusion, Henri Vermeulen recommande aux associations de réaliser régulièrement un état des lieux de leurs assurances : « Quels sont aujourd'hui nos principaux risques ? Qu'est-ce qui a changé dans l'association depuis un an ? Et si un sinistre majeur survenait demain, quelles seraient les conséquences financières ? »

Selon lui, prendre le temps de répondre à ces questions permet déjà d'identifier de nombreuses pistes d'optimisation sans affaiblir la protection de l'association.

Replay : revivez le webinaire organisé par Sourcehub !