Devenir une ASBL royale : témoignages

Les ASBL qui existent, de manière ininterrompue, depuis 50 ans peuvent demander le titre de « royal ». Qu’est-ce qui les pousse à faire la démarche ? Y a-t-il des obligations ou avantages liés à ce titre ? MonASBL.be a posé la question à deux ASBL qui ont passé le cap.

Le 27 septembre 2021, la Comédie Claude Volter aura officiellement le titre de « royal ». « C’est une démarche symbolique importante », explique le directeur de l’ASBL Michel de Warzée. « Claude Volter était un royaliste convaincu, c’est donc un hommage que l’on rend à cet homme magnifique de théâtre ».

Un titre purement honorifique

Ce titre honorifique peut être accordé par le Roi aux ASBL qui ont 50 ans d’existence ininterrompue. « Concrètement, ça ne change dans le fonctionnement par rapport à une autre ASBL », explique à son tour Philippe de Wouters, directeur de la Société Royale Forestière de Belgique qui existe depuis 1893 et qui a obtenu le titre une cinquantaine d’années plus tard.

Aujourd’hui, l’ASBL continue d’inviter le Roi et la Reine à chaque assemblée générale. « Ce n’est pas vraiment une obligation mais c’est plutôt un signe de respect », assure-t-il. L’ASBL a déjà reçu leur visite dans le passé. « Ils ne sont pas venus à la réunion de l’AG mais à des événements qu’on avait organisés autour ».

Pour le reste, une ASBL royale est une association comme une autre. Pas d’obligation, pas de contrainte particulière et pas de passe-droit non plus par exemple au niveau des subsides, nous explique le directeur de la Société Royale Forestière de Belgique.

« Ce titre permet de montrer que nous sommes une vieille association »

Toutefois, Philippe de Wouters reconnait que ce titre accorde une certaine légitimité à l’ASBL. À l’étranger, « c’est plutôt apprécié, c’est un titre honorifique qui donne un certain intérêt à l’association. Ce mot permet de montrer que nous sommes là depuis longtemps et qu’on a une longue connaissance dans le domaine ». Même si parfois le mot « royal » peut créer quelques confusions. « Surtout à l’étranger, ils pensent qu’on gère les forêts du Roi », raconte-t-il.

Garantir la bonne santé financière et morale de l’ASBL

Les raisons poussant les ASBL à demander le titre de « royal » peuvent donc être nombreuses mais la démarche, elle, est bien unique. Pour obtenir le titre honorifique, l’ASBL doit présenter un dossier au Palais. Et c’est finalement le Roi qui prend la décision d’accorder ou non le brevet.

Un processus que la Comédie Claude Volter vient de terminer. « Nous avons reçu il y a deux ou trois semaines la confirmation que nous pourrons aller récupérer le brevet mi-septembre et que nous pourrons utiliser officiellement le titre à partir du 27 septembre », explique Bernard D’oultremond, responsable des relations publiques au sein de l’ASBL.

La Comédie avait lancé les démarches il y a 6 mois. Il leur a fallu ensuite près de deux semaines pour constituer le dosser qui a ensuite été analysé par le Palais et le Roi. Parmi les documents demandés : le but social et l’objet social, les statuts de l’ASBL, les extraits de casier judiciaire des administrateurs, le budget des 5 dernières années, le projet d’avenir, le rapport moral des 5 dernières années, l’ensemble des activités et une lettre de motivation.

Lire aussi : instructions en vue d’une demande de brevet de « société royale »

Ce 25 septembre, la Comédie Volter organisera une exposition pour célébrer les 50 ans de l’ASBL. Un événement auquel le Roi et la Reine ont bien évidemment été conviés. « On espère pouvoir révéler le nouveau nom de l’ASBL à ce moment-là, mais on doit encore attendre l’autorisation du Palais ».